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un peu d'histoire...

       Le Feneau occupe une place tout aussi centrale que symbolique dans le marais salé réthais.

 

       Au même titre que le "Martray" pour l'ancienne île d'Ars, ce fut avant tout une passe entre les îles bien distinctes qu'ont été Loix et Ré. Son chenal n'est en fait que le vestige d'un ancien bras de mer beaucoup plus large qui durant des siècles fit de Loix "l'Isle d'Oye", une île dans l'île.

       Ce sont les sédiments argileux, le "bris" charentais, et surtout les "prises", endiguement successifs sur l'estran pour élaborer l'édifice colossal que sont les marais salants, qui finiront par unir les îles autour du XV éme siècle.

        Tout d'abord unifiées par un petit pont de bois, un pont écluse finira par pérenniser ce lien terrestre, sans effacer pour autant la frontière seigneuriale et encore aujourd'hui communale.

         Mais le Feneau garde un caractère maritime au travers de son chenal.

Ouvert au flot des marées aussi bien à L'Ouest par Le Fier d'Ars (dit chenal de "Louzon") qu'à l'Est par la fosse de Loix (dit des Eveillards) ; il garantit ainsi l'alimentation vitale du marais, et permit longtemps l'approche des bateaux pour le chargement du sel. 

        C'est d'ailleurs ainsi que ce point stratégique fut le théatre du conflit de 1627, où le Maréchal Toiras associé à la flotte de Louis XIII et de Richelieu, repousseront pour la première fois les anglais de Buckingham, contraint à abandonner le siége de l'île et près de 6000 hommes en perdition dans ses vases.

la bataille du Feneau

la bataille du Feneau

et "d'environnement".

         Entre terre et mer, à l'image de ces travailleurs pas vraiment marins ni complétement paysans, le marais a changé de morphologie au gré des besoins, des prises et déprises humaines. Tout d'abord parmi les greniers à sel de l'Atlantique jusqu'à la crise de cette première vocation, il prendra un tournant ostréicole et aquacole à partir du XIX éme siècle, pour consacrer aux huîtres la richesse de ses argiles dans les claires d'affinage.

 

         Ce milieu anthropique gagné au cours des siècles sur le littoral, ne manquera pas de profiter à un écosystème particulièrement riche le long des ruissons, de bassins en dédales d'eau et de verdure en tout genre.

Richesse ornithologique, piscicole et planctonique qui aujourd'hui est protégée en tant que telle, et que les hommes du marais, en luttant contre l'envasement et en maintenant le fil de l'eau ont fait perdurer dans le temps.

Paradoxe "écologique",une activité humaine qui certes doit rester raisonnée, mais qui est la seule garante de l'équilibre et de la continuité des lieux ; nous faisant relativiser ainsi la notion de milieu "naturel".